L'humour est bon pour le corps et l'esprit...
... voilà ce que nous disent les scientifiques !
Pourtant il fait encore largement défaut dans les entreprises françaises pour lesquelles rire et travailler sont souvent incompatibles.
Nous avons mené l'enquête ici et ailleurs et fait émerger par le biais de nombreux exemples les bénéfices individuels et collectifs de l'humour au travail, rassemblés dans un nouvel ouvrage, Petit traité de l’humour au travail.
« Vivement vendredi que je me marre un peu ! » Tout est né de cette remarque d’un salarié pour qui travail et humour étaient manifestement incompatibles. Comme si deux mondes s’opposaient, une sphère professionnelle où l’humour serait banni et une « autre vie » où l’on pourrait s’adonner au rire. Nous passons en moyenne 210 jours au travail, soit les deux tiers de notre temps actif. Serions-nous condamnés à ne rire que pendant le tiers restant ? Doit-on pour autant considérer que le travail exclut toute forme de réjouissance et de rire ? Bien au contraire, les salariés expriment une réelle demande d’humour dans le monde professionnel.
Quels sont les bénéfices individuels et collectifs de l’humour en entreprise ?
Quelles en sont les conditions d’exercice et les limites ? L’humour peut-il être un levier de management des hommes et de gestion de l’entreprise ? Quelle fonction peut remplir l’humour dans les organisations ?
L’humour fait partie intégrante de notre être social. Nous le mobilisons fréquemment dans nos relations avec les autres. En cela, il constitue une forme de langage propice aux échanges et à l’émergence d’un collectif. L’entreprise ne pourrait-elle pas en tirer parti ? On voit actuellement fleurir les journées du rire, séminaires de rire et autres ateliers de « rigologie » (méthode développée par Corinne Cosseron2), autant d’initiatives qui témoignent de notre besoin de rire et d’humour, y compris dans des contextes considérés comme moroses. Dans les entreprises comme dans la société, l’humour est un moyen de répondre aux difficultés du quotidien, aux événements angoissants. En prenant plaisir à détourner le réel sur un mode humoristique, on le sublime.
L’humour améliore-t-il les performances des organisations ?
À en croire certaines études, la réponse serait ouvertement oui ! 97 % des directeurs d’entreprise interrogés dans le cadre d’une enquête américaine1 ont affirmé que l’humour était utile dans le business, et 60 % que le sens de l’humour était déterminant dans la capacité d’un individu à faire du business. Pour 84 % des directeurs des ressources humaines, les salariés dotés de sens de l’humour font mieux leur travail. Les recherches menées par l’école des relations humaines dans les années 1950 et 1960 nous ont appris que les conditions de travail étaient un facteur de performance.
Comment initier une culture du changement dans l’entreprise et inciter les individus à développer leur aptitude à l’humour ?
S’interroger sur la place de l’humour dans les organisations, c’est aussi faire le projet politique d’humaniser les relations dans les lieux de production. Travailler dans une ambiance agréable n’empêche aucunement de respecter les contraintes de sécurité, de qualité ou de flexibilité.
Pourquoi oppose-t-on encore souvent l’efficacité et le sérieux au bien-être ? Est-ce le résultat d’une dérive qui a cantonné le management à une relation hiérarchique et d’obéissance ? Est-ce dû à une sur-instrumentalisation des relations, dont témoigne la multiplication des procédures et des indicateurs, au détriment des échanges informels ?
Dans tous les cas, aussi modeste que soit notre pierre, nous voulons contribuer à mettre de l’humain dans les environnements de travail pour qu’ils soient des lieux de réalisation et non de destruction individuelle.
En savoir plus et lire un extrait : rendez-vous sur le site de Julhiet